Couleurs et Mentalites

Noir Comme Un Japonais

Un japonais n'est à priori pas un négroïde et un noir n'est non plus pas un mongoloïde, les traits morphologiques et les caractéristiques physiques apparent des uns et des autres sont observables à l'œil nu, il y a pourtant des milliers de japonais à la constitution physique mongolo-négroïde qui sont pour la plupart des descendants des marines et GI's stationnés dans les bases militaires américaines. Nous pouvons aussi ajouter les quelques milliers d’enfants nés d'africains (Ghanéens, Nigérians, Guinéens, Sénégalais, etc. . .) et de japonaises durant ces vingt dernières années.

La couleur noire représente dans beaucoup de cultures (celles africaines comprises) à travers le monde la malchance, le démon, la terreur, la malédiction, la mort, le deuil, bref tout ce qui touche au malheur. Dans nos vies courantes en Afrique, lorsque nous rêvons du noir, les sages détonnent en cœur << que Dieu nous protège>> tandis que le blanc est admis comme étant une interprétation du bonheur, de la réussite, de la longévité "Barbes blanches", de la richesse, ou du pouvoir.

Le rêve de couleur a souvent une interprétation négative dans la psychologie de l’africain. Lorsqu’on rêve d’un bœuf ou d’un coq noir les memes sages nous conseillent de faire attention car ça pourrait être un signe de malchance, de trahison, ou encore d’obstacle difficile à surmonter, pour nous protéger contre l’infortune ils nous suggèrent d’enlever des sacrifices, généralement des noix de colas blanches, du lait, du riz au grain blanc (Oriza sativa) pas celui au grain rouge (Oriza Glaberrima) originaire de l’Afrique de l’ouest.

Par contre le rêve d’un taureau blanc, d’un cheval blanc ou de tout animal de couleur blanche est considéré comme porteur de bonheur. A cela les exemples ne finissent pas.

Dans le livre de Zolar << La Clé des Songes et des Rêves>> je ne fus pas surpris de retrouver les interprétations suivantes :

*    La couleur Noire : Vous rentrez dans une mauvaise période.

*    Une robe noire : Tristesse.

*    Des vêtements noirs à un enterrement : Vous aller recevoir de bonnes nouvelles.

*    Vous achetez des vêtements noirs : On vous trompe.

Voici ce que le même livre nous enseigne du rêve de la couleur blanche :

*    Vous rêvez de la couleur blanche : Réussite de vos projets.

*    Vous achetez du linge blanc : L’argent viendra toujours facilement pendant votre vie.

*    Différents tissues blancs : Grande joie.

*    Vous achetez des vêtements blancs : Vos amours sont heureuses.

Nul besoin de noter que Zolar ne voit la couleur noire que sous les yeux de négation que la société européenne dans laquelle il vit  lui a inculquée. 

La couleur influence aussi le choix de partenaire en Afrique, il n’est pas rare de voir des familles encouragées les rapports avec les filles ou garçons au teint clair par rapport à ceux au teint brun ou noir. L’argument est que le teint clair est source de bonheur, de succès et de stabilité. Comme si l’amour, la cohésion et la compréhension ne font pas la fondation de tout bon mariage. J’ai remarqué avec surprise au Sénégal aussi  bien en Guinée l’usage des produits de dépigmentation qui attribuent un teint clair synthétique.

Dès le jeune âge, long avant mon initiation à la lecture, j’ai été exposés à la légende du généreux homme blanc, de l’ange aux habits blancs que nous racontent les frères et cousins ainés qui sans le savoir conditionnaient déjà ma conscience de soumission et de subordination, en me faisant croire que les anges et le Dieu unique sont blancs. Quel effet, psychologique sur l’enfant que j’étais, jusqu'à ce jour, je n’avais pas la capacité mentale de me faire une représentation de Dieu et de ses anges.

Frantz Fanon dans son livre <<Peau noire masques blancs>> P41 a merveilleusement expliqué le choc et la déception de Mayotte Capécia  face au film américain verts pâturages où Dieu et les anges sont noirs. Mayotte  dit <<Comment imaginer Dieu sous les traits d’un nègre ? Ce n’est pas ainsi que je me représente le paradis>>.

Le juif par la Tora croit que Dieu est juif, l’Arabe croit par le Q’ran que Dieu est Arabe, le blanc pareillement par la bible croit que Dieu est blanc même si cela n’est pas explicitement mentionné dans les trois livres saints. Avec certitude le japonais te dira que la race japonaise est la descendance de Amaterasu Omikami (la déesse du Soleil). Mon intention ici n’est pas de faire une analyse de Dieu ou encore de lui donner une définition, je ne me le permettrai pas.(Lire Al Chrozny)

La doctrine des livres saints (Christianisme et l’Islam) est basée sur l’enseignement du message de Dieu qui est adressé à tous sans distinction de genre (homme ou femme), de position sociale (esclave ou maitre d’esclave), de bien acquis (riche ou pauvre), de couleur (blanc, noir, jaune ou rouge) puisque la puissance divine est illimitée et est mise à la disposition de chaque croyant.

Il est tout même difficile voir impossible pour le noir d’imaginer un Dieu noir. Dieu ne peut être noir c’est un sacrilège, il ne peut être que blanc, alors une psychose collective de l’impuissance et d’obédience face au blanc, à l’arabe, au Chinois se développe et se dissémine à travers les générations.

Cette psychose se manifeste à travers la légende de Basikolo le diable qui occupait le site de construction du Palais du Peuple à Conakry en république de Guinée. Il n’a pu être délogé que par les chinois. Et comment les chinois ont pu réussir une telle prouesse ? Tout simplement en embouteillant notre diable qu’ils emportèrent en Chine. Les chinois ont certainement fait des études topographiques et météorologiques de la zone pour déterminer la meilleure exécution des travaux. N’est –il pas temps pour la diplomatie guinéenne de négocier le retour de notre diable ? Car depuis plus de quarante ans, il est en exile forcé ; le pauvre !

Dans nos langues vernaculaires nous entendons souvent des expressions comme :

*    Bonyè forè (lire Bo-gnè forè En Susu)

*    Bhawledi bherdhè (lire bow ledi En Pular)

Qui signifie cœur noir, dur de cœur, méchanceté, nous voyons là encore une négation de la couleur noir.  Vous ferez votre propre interprétation de la gentillesse en langue susu : <<Bonyè fikhè* >> littéralement cœur blanc.

Encore en Guinée dans les années soixante dix, je me rappelle des traitements préférentiels de mes cousins parce que tout simplement ils avaient la peau à cause de leur maman. Les enfants du quartier les appelaient foté (blanc), les adultes aussi se prenaient à des commentaires de différentiation. Seule notre bien-aimée grand-mère paix à son âme disait que dans sa maison toutes les fesses noires ou rouges passeront sous les mêmes règles de disciplines. 

Voyons maintenant  si la colonisation de la Corée par l’empire du Japon, influença son peuple négativement  au point de considérer les japonais comme des êtres supérieurs. La réponse est Non, pas du tout. Au contraire le coréen se croit souvent égale parfois supérieur au Japonais.  Se considérant comme porteur de la science orientale dans l’empire. Les Japonais au contraire se croient toujours supérieurs aux coréens. Pour les uns la colonisation fut une preuve de supériorité pour les autres ce fut une erreur de parcours de leur histoire, qu’il faut maintenant rectifier. Soixante ans plus tards, une compagnie japonaise en l’occurrence Sony signait officiellement un contrat de transfert de technologie avec une multinationale coréenne Samsung.  Quelle fierté pour les coréens ?

Nous savons tous que la pigmentation de la peau est liée à l’environnement géographique et que les mélanines sont parmi les pigments principaux responsables de la coloration des téguments dans le règne animal.  Nous savons aussi que la peau a changé de couleur dans des lignées humaines beaucoup plus rapidement que les scientifiques avaient précédemment supposé, même sans mariage consanguin. La professeur Nina Jablonski, chef du département de l'anthropologie de l’université de l’Etat de Pennsylvanie aux USA indique dans son livre Skin: A Natural History que les développements récents dans la génomique comparative ont permit aux scientifiques de prélever l'ADN de l’homme moderne et de prouver que, presque nous tous étions dans un endroit différent et avions une couleur différente cela en considérant seulement les 100 ou 200 générations (environ 2,500 ans).  C’est à dire qu’en 2500 ans, la pigmentation et dépigmentation d’un groupe ethnique est fort possible.

Au cours des dernières 50.000 années, les populations sont allées de la forte pigmentation à une peau légèrement claire et vice versa, certaines populations sont allées de la peau légèrement claire et retournée à celle plus foncée.

Un cas édifiant est celui des peuples vivant maintenant dans les régions méridionales de l'Inde et du Sri Lanka qui sont extrêmement pigmentés en les comparant à leurs grands ancêtres qui ont vécu beaucoup plus lointain au nord, la migration nord-sud leur a donné une forte re-pigmentation. Les indiens de l’Amérique du Sud ne font pas exception à la règle.

Mais même si l’être humain ne subissait pas les effets de pigmentation y – a t-il raison d’être affecté négativement par sa couleur ? D’être jugé à cause de cette couleur, ou de subir l’oppression, la colonisation, la marginalisation tout juste  à cause de la coloration de la peau qui n’est qu’un élément parmi les milliers que constitue le génotype.

Peut-être si ce n’était la couleur, la nature humaine aurait toujours trouvée d’autres formes de classifications comme celle appliquées aux grades de thé ou aux variétés du riz.

D'où vient alors la négation de la couleur noire et celle positivité de celle blanche ? Nul ne peut répondre concrètement. Les arguments que nous entendons souvent sont : Il en a été ainsi depuis la nuit des temps, c'est la malédiction ou encore c'est écrit dans la bible, le Q’ran.

Quand et comment la couleur noire est-elle devenue sujet de complexe débat par les philosophes, les biologistes, les politiciens et les anthropologistes ? Pourquoi le débat de couleur demeure toujours ?

Est-ce l’introduction de la bible, du coran dans la société noire africaine ? Ou l’effet de la conquête européenne de l’Afrique et ses corollaires ? Ne pouvant tenir le débat en théologie, je suivrai alors la piste de la conquête européenne et l’exportation de l’image du noir colonisé en Asie.

Pourtant, la revue des anciens textes chinois, coréens et japonais ne font pas mention de la couleur noire dans le sens négatif de servitude et de racisme que nous connaissons et lisons dans les medias concernant l'africain.

Paradoxalement, nous verrons que la perception du noir  dans la culture et civilisation japonaise dans son contexte de couleur demeure positive, elle s’altère seulement lorsqu’il s’agit de l’être humain, c’est à dire de l’homme noir.

Au japon, le noir dans son contexte de couleur ne portait pas toujours la négation que lui a apposé l’occident au contraire on sait, que le corbeau, un oiseau corvidé qui vit dans l'hémisphère nord à plumage noir, est parmi les Dieux vénérés de certains temples Jinja. Cet oiseau qui niche en colonie est divinisé à cause de son intelligence, et de sa fidélité, les couples s'unissent pour la vie, je suis convaincu que certains personnes apprendront d'eux les bonnes mœurs. Les prêtres de ces temples Jinja apportent à manger aux corbeaux et leurs offrent les soins que mérite toute divinité.

 Il n'est pas étrange de retrouver le culte du noir dans le milieu des affaires au Japon. Certains objets d’art ou d’animaux de couleur noire sont souvent exposés devant les bars, les restaurants et les magasins parce que la croyance générale est qu’ils sont supposés attirer la clientèle, porter bonheur, accélérer la réussite dans les affaires.

Quelle entreprise de transport ou de livraison des parcelles se ferait-elle appelée le chat noir de Boulbinet, ou de Dixinn ? Certainement pas en Guinée, peut être pas au Maroc, au Nigeria, en Égypte, au Ghana ou au Mali.

Parce que tout simplement, aucun homme d'affaire pourvu de préjugés négatifs sur la couleur noire qui lui a été inculqué par une culture de négation n'acceptera de confier ses bagages, marchandises, ou containeurs à un <<Chat Noir>> qui porte malheur, Seul au Japon !

KURONEKO YAMATO (en français le CHAT NOIR de YAMATO) fut fondé en 1919 par un jeune entrepreneur du nom de Koshin Kogura pour un capital de ¥100,000 (US $1000) et quatre camions.

KuroNekko Yamato, de nos jours, dépasse ses compétiteurs en part de marché et en chiffre d'affaire sur le marché japonais.

 

Market Share FY2006.gif

*Based on research by the Ministry of Land, Infrastructure and Transport/Japan Post; excludes airfreight


Commentaires : 

Exemples limités à deux langues Guinéennes.

Lire les critiques et point de vue  intéressants d'Al Chrosny

Questions, suggestions et corrections veuillez me contacter: niane@dixinn.org